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Echantillon
subjectif du bardi-barda de Miss Mass-Média
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La
postière chantante
Bouche décousue
Valérie
Lou, près de nous
mais définitivement à part
Valérie
Lou travaille en douce
la couleur des mots et des notes
Valérie
Lou: «C'est la vie qui m'inspire»
Douce
caresse des mots et des notes
Fête de la Musique
2002:
Valérie Lou en concert à Genève
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Eric
Moreau,
Le Soleil (Québec),
6 octobre 1999 |
La postière chantante. L'Italie
dispose d'un chef de gare chantant en Gianmaria Testa, la Suisse propose
sa postière chantante en la personne de Valérie Lou. La comparaison
n'est pas fortuite. Comme le premier, la seconde est farouchement
indépendante et évolue hors des sentiers battus du «radiophoniquement
correct». (...)
Pour s'amuser, elle s'amuse, Valérie Lou. Surtout avec les mots,
suggère-t-on. «J'ai pas réussi à le cacher. Vous m'avez mise à
jour», badine-t-elle en riant. (...) Ce besoin de jouer avec la rime ne
pourrait se conjuguer qu'avec de chaudes ambiances de jazz, à cause de
la liberté que lui accorde la note bleue. «Ça respire beaucoup plus.
Ça me plaît.» Et il y a l'influence de la grande Ella Fitzgerald -
«La plus grande voix du siècle, tous styles confondus.»(...)
Pour elle, chanter «est la plus belle forme de liberté. C'est un luxe
qui me procure beaucoup de plaisirs, d'émotions, mais aussi des
difficultés supplémentaires.» Parce que, c'est connu, toute forme de
liberté a son prix. Le tribut qu'elle doit verser pour faire sans
compromis ce qui lui plaît, c'est de devoir travailler aux Postes
suisses. (...)
[Son] authenticité, elle la retrouve, juste retour des choses, dans son
milieu de travail. «Je suis une grande voleuse de quotidien (rires).
J'ai affaire avec des gens que je ne rencontrerais jamais autrement.
J'en profite, je leur pique tout.» (...) |
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Bouche décousue. Pour venir nous voir, elle a surmonté une peur
bleue de l'avion. Nous lui en saurons gré, puisque de sa Suisse natale,
Valérie Lou nous apporte non pas du chocolat, mais quelques jolies
trouvailles chansonnières. C'est qu'elle avait sous le bras, durant la
grande traversée, Motus, un cinquième album paru l'an dernier.
Lou promène dans son baluchon tout un chapelet de chansonnettes
drolatiques, ironiques ou franchement cyniques. Des coups d'œil
espiègles sur la culture télévisuelle ou la vie des gens snobs, ou
encore de pures fantaisies verbales aux accents be-bop et jazz,
ponctuées de Blues patraque et de Drôles d'idées:
«J'essaie de prendre les mots et de les sortir de leur contexte, d'en
faire quelque chose de nouveau. C'est ce que j'aime chez les chanteurs
qui, à partir d'un mot, créent une image que personne n'avait encore
vue. Higelin, par exemple, le fait souvent.» (...)
Entre deux escapades phonétiques, Mme Lou cultive le sens
aigu de la dérision et crée des petites scènes où certains
n'échappent pas au ridicule. Si elle lance quelques flèches, Valérie
Lou se voit pourtant très mal en chanteuse engagée. La critique
sociale, très peu pour elle: «Je n'ai pas du tout l'âme politicienne,
je ne serai jamais polémiste. De toute façon, je ne trouve pas ça
très féminin, comme attitude, de monter aux barricades en disant:
"Vous êtes tous des cons!" Mais des petites piques, j'aime
bien, je trouve que l'ironie est plus forte, souvent, que le grand
cri.» (...)
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Tristan
Malavoy-Racine,
Voir-Québec,
7 octobre 1999 |
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| MAG |
Valérie Lou, près de nous mais définitivement à
part. Elle
ne suit aucune mode, la fille Lou. Elle est elle. Que ça nous plaise
ou non. Cette indépendance d'esprit et de ton fait qu'on écoute
chacun de ses disques avec l'assurance qu'elle chante ce qu'elle
pense, qu'elle joue ce qu'elle veut. Notre plaisir vient après le
sien. Un gage d'authenticité et d'honnêteté qu'on ne trouve pas si
fréquemment que ça dans la grande famille des artistes,
spécialement à l'heure où les compils s'empilent.
Le dernier disque de Valérie Lou n'a rien à voir avec Noël mais
c'est un cadeau quand même. Motus n'est pas une révolution,
il ne marque pas un changement de cap. Il est une humeur que l'artiste
a plutôt légère en ce moment. Pour mieux sauter vers quelque chose
de plus sombre, de plus triste, quelque chose comme des ballades,
prévient-elle déjà. (...)
La bonne humeur n'empêche pas la lucidité. Valérie Lou a comme
toujours sa façon mi-tendre mi-ironique de voir tourner le monde.
Elle farfouille dans ses états d'âme comme une brocanteuse (elle le
sera d'ailleurs bientôt) dans un carton de vaisselle. A ceux qui ne
la trouveraient pas assez sexy, elle répond par un Entrez sans
frapper qu'elle avoue avoir écrit d'un coup et sur un coup de
gueule, mais elle ne se souvient plus vraiment pourquoi. Comme pour
mieux nous narguer, c'est le titre qui lui sert de promotion sur les
ondes.
Avec Motus, la chanteuse affirme son indépendance et clame une
nouvelle fois: «Je ne veux pas spécialement vivre de ma passion. Je
me paie le luxe de raconter des histoires et je tiens à ce que ça
reste une chose inutile et superflue.» Une manière de conserver tout
son «pep»! |
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Valérie Lou travaille en douce la couleur des mots et des notes.
Sans l'appui d'un mécène providentiel et les 15 000 francs
du Prix Jeunes Créateurs de la Fondation vaudoise pour la création
artistique, Motus, le nouvel album de Valérie Lou, n'aurait sans
doute pas vu le jour. «Ce métier est aussi fait d'heureuses
surprises», avoue la chanteuse vaudoise qui a profité de l'aubaine
pour mettre en disques les plus urgentes des quelque 150 chansons qui
constituent sa réserve de compositions personnelles. Treize titres qui
sont autant d'instants glanés aux quatre coins de son univers, de
tranches de vie passées sous le regard poétique et sans fard de
Valérie Lou. (...)
«Voleuse d'instants» comme elle aime à définir son propre métier,
elle se promet bien de le devenir de plus en plus: «Je travaille à la
Poste et je vais bientôt ouvrir une brocante. Ça forme un patchwork
social magnifique dans lequel il ne me reste plus qu'à me servir. Je
prends tout chez les autres. Tout, sauf la bêtise. Plus je grandis,
plus elle me semble insupportable. Je préfère encore la
méchanceté.»
Comme toujours dans ses chansons, que l'on voit fleurir tous les
deux ans depuis ses débuts en 1990, Valérie Lou joue de la couleur
des mots et des notes, le texte suscitant le phrasé. Le jazz reste
l'un des fondamentaux de son économie musicale mais elle décline
ses avatars - ceux qui ont l'accent latin de préférence - avec
brio. «Je cherche la respiration. Je ne suis pas une mélodiste
foudroyante mais je travaille à ça. Je sens bien que j'arrive
au bout de mes propres ressources et j'aimerais composer des airs
qui, comme dit Nougaro, seraient sifflés par le maçon en train
de refaire son mur. J'adorerais travailler avec un de ces génies
de la composition que sont Richard Galliano,
Michel Fugain ou alors - plus réaliste pour moi - avec Luc
Fivian, un Parisien qui a signé quelques chansons de mon album
précédent. Mon guitariste préféré,
Jean-Pierre Pasquier, est aussi un beau compositeur mais il
est trop jazz pour moi, Je dois passer ses airs à travers mon
crible.» (...)
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Christian
Jacot-Descombes,
Le Temps (Genève),
27 novembre 1998 |
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Patricia
Gnasso,
Le Matin (Lausanne),
novembre 1998 |
Valérie Lou: «C'est la vie qui
m'inspire». La chanteuse vaudoise à la voix jazzy fait
swinguer les rimes et sort Motus,son nouvel album. Mais qu'on
se rassure, elle n'a pas la bouche cousue.
Cette auteur-compositeur-interprète joue sur plusieurs tableaux
puisqu'elle est aussi postière à ses heures et «pompière» en son
village de Gollion (VD), où elle possède, avec l'une de ses trois sœurs,
une ancienne maison de garde-barrière. C'est une nature, Valérie
Lou, qui n'a pas mis ses intonations vaudoises au rebut, une
«sauvage» qui s'est plutôt bien apprivoisée, une fille de la
campagne - «je le revendique; je n'aime pas la ville» -
viscéralement attachée à l'esprit de famille - à l'italienne -,
mélomane de surcroît. Il faut dire qu'elle a eu un grand-père
napolitain: «Nous formons un clan, ma mère est une vraie mamma, et
voilà trente-quatre ans que cela m'épate.»(...)
- Vous avez plein d'activités. Quand trouvez-vous le temps
d'écrire, de composer?
- J'écris tout le temps, je ne peux pas m'en empêcher. D'ailleurs,
dans mes tiroirs, j'ai une centaine de chansons toutes prêtes. Mais
ce n'est pas sous les sabots d'un cheval que l'on trouve l'argent pour
sortir un CD. J'ai plus de chances de devenir riche au loto qu'avec ce
métier.
- Qu'est-ce qui vous vient d'abord, les mots ou la mélodie?
- Les mots. Enfin... oui et non. Quand je trie le courrier à la
poste, je siffle des mélodies. Mon premier réflexe, c'est de me
demander si cette mélodie existe déjà. C'est mon flip, ça. J'ai
l'impression que l'air que je suis en train de fredonner existe depuis
des siècles. Je trouve que la langue est plus riche que la gamme. Et
puis, je ne suis pas une technicienne de la musique: elle sert plutôt
de support à mes petites histoires. Quant à l'inspiration, c'est ce
qui me saute aux yeux. Je vole tout dans la vie, je suis kleptomane
des autres. (...)
Une chose encore. Cette lettrée qui aime faire chanter les mots songe
au roman, à la nouvelle. «Ça va venir, dit-elle. Pour l'instant,
j'ai encore de la voix.» |
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Douce caresse des mots et des notes. Les mots, elle sait les
caresser comme les chats. D'un seul feulement de sa voix chaude et
cuivrée, elle excelle à vous les faire couler dans l'oreille, sertis
dans la gangue de ses mélodies parfois piquantes et rebelles, toujours
veloutées et gouleyantes. (...)
Femme de lettres à plus d'un titre, elle pratique avec bonheur cet art
souvent galvaudé qu'est l'écriture de chansons, pillant les registres
et les transformant avec un naturel déconcertant. Naviguant entre
ballades bleu-nuit et blues gris-perle, Valérie Lou nous livre galette
après galette des textes gorgés d'humour et de mots justes qu'elle
s'amuse à croquer, avec son air de gamine effrontée «à qui on ne la
fait pas». (...)
Mise en orbite en 1990 par la Truffe de platine, en dix ans de bourlinguage sur les scènes de Suisse romande,
de Belgique, du Canada et d'ailleurs, la chanteuse a livré à son
public, de Grain de folie à Motus,cinq albums où la
poésie et l'humour le disputent à une tendresse mâtinée de malice. A
la sortie de son précédent opus en 1998, Valérie Lou disait encore
attendre avent de songer à l'avenir: «Je me suis fixé l'an 2000 comme
Migros-Data. Je ferai le point à ce moment-là.» Qu'en est-il, deux
ans et quatorze chansons plus tard? «J'ai décidé de me faire plaisir.
J'ai rodé "Gueule de Lou" version studio en octobre au
Canada. Mais je ressentais le besoin d'ajouter encore cette ambiance
chaleureuse que me procure le public, qui donne finalement tout leur
relief à mes textes. Me faire plaisir, ça veut dire aussi investir
plus encore dans mes chansons elles-mêmes, quitte à me contenter d'un
"service minimum" pour ce qui est du marketing - je n'ai même
pas encore de site Internet!» (...)
Lacune désormais comblée...
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Antoine
Saucy,
La Poste (Berne),
janvier 2001 |
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Olivier
Horner,
Le Temps (Genève),
supplément «Sortir»,
20 juin 2002
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Fête de la Musique: Valérie Lou en
concert à Genève. Depuis
près de 11 ans, elle livre tous les deux ans des poignées de
chansons qui s'amusent avec les mots et les rimes. Des petites scènes
de vie conjuguées avec de chaudes ambiances de jazz, des
chansonnettes souvent drôles et ironiques. Auteur, compositeur et
interprète, Valérie Lou est une fantasque qui aime autant se moquer
de nos défauts que des siens. Chanteuse authentique mais rarement polémique,
ses coups de gueule sont rafraîchissants et son humour se révèle
vivifiant. Lou fait partie de ces rêveuses qui ont trouvé dans la
chanson une manière récurrente de s'évader. ça
tombe bien, elle largue ce soir ses amarres poétiques sur un bateau.
Bateau
«Genève», quai Gustave-Ador 1. Samedi 22 juin à 23 h.
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