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Echos de la presse

     

Echantillon subjectif du bardi-barda de Miss Mass-Média

 

© Paul Bella 1993

 

La postière chantante

Bouche décousue

Valérie Lou, près de nous
mais définitivement à part

Valérie Lou travaille en douce
la couleur des mots et des notes

Valérie Lou: «C'est la vie qui m'inspire»

Douce caresse des mots et des notes

Fête de la Musique 2002:
Valérie Lou en concert à Genève

 



Eric Moreau,
Le Soleil (Québec),
6 octobre 1999
La postière chantante. L'Italie dispose d'un chef de gare chantant en Gianmaria Testa, la Suisse propose sa postière chantante en la personne de Valérie Lou. La comparaison n'est pas fortuite. Comme le premier, la seconde est farouchement indépendante et évolue hors des sentiers battus du «radiophoniquement correct». (...)
Pour s'amuser, elle s'amuse, Valérie Lou. Surtout avec les mots, suggère-t-on. «J'ai pas réussi à le cacher. Vous m'avez mise à jour», badine-t-elle en riant. (...) Ce besoin de jouer avec la rime ne pourrait se conjuguer qu'avec de chaudes ambiances de jazz, à cause de la liberté que lui accorde la note bleue. «Ça respire beaucoup plus. Ça me plaît.» Et il y a l'influence de la grande Ella Fitzgerald - «La plus grande voix du siècle, tous styles confondus.»(...)
Pour elle, chanter «est la plus belle forme de liberté. C'est un luxe qui me procure beaucoup de plaisirs, d'émotions, mais aussi des difficultés supplémentaires.» Parce que, c'est connu, toute forme de liberté a son prix. Le tribut qu'elle doit verser pour faire sans compromis ce qui lui plaît, c'est de devoir travailler aux Postes suisses. (...)
[Son] authenticité, elle la retrouve, juste retour des choses, dans son milieu de travail. «Je suis une grande voleuse de quotidien (rires). J'ai affaire avec des gens que je ne rencontrerais jamais autrement. J'en profite, je leur pique tout.» (...)


Bouche décousue. Pour venir nous voir, elle a surmonté une peur bleue de l'avion. Nous lui en saurons gré, puisque de sa Suisse natale, Valérie Lou nous apporte non pas du chocolat, mais quelques jolies trouvailles chansonnières. C'est qu'elle avait sous le bras, durant la grande traversée, Motus, un cinquième album paru l'an dernier. Lou promène dans son baluchon tout un chapelet de chansonnettes drolatiques, ironiques ou franchement cyniques. Des coups d'œil espiègles sur la culture télévisuelle ou la vie des gens snobs, ou encore de pures fantaisies verbales aux accents be-bop et jazz, ponctuées de Blues patraque et de Drôles d'idées: «J'essaie de prendre les mots et de les sortir de leur contexte, d'en faire quelque chose de nouveau. C'est ce que j'aime chez les chanteurs qui, à partir d'un mot, créent une image que personne n'avait encore vue. Higelin, par exemple, le fait souvent.» (...)
Entre deux escapades phonétiques, Mme Lou cultive le sens aigu de la dérision et crée des petites scènes où certains n'échappent pas au ridicule. Si elle lance quelques flèches, Valérie Lou se voit pourtant très mal en chanteuse engagée. La critique sociale, très peu pour elle: «Je n'ai pas du tout l'âme politicienne, je ne serai jamais polémiste. De toute façon, je ne trouve pas ça très féminin, comme attitude, de monter aux barricades en disant: "Vous êtes tous des cons!" Mais des petites piques, j'aime bien, je trouve que l'ironie est plus forte, souvent, que le grand cri.» (...)

Tristan Malavoy-Racine, 
Voir-Québec,
7 octobre 1999

MAG
Valérie Lou, près de nous mais définitivement à part. Elle ne suit aucune mode, la fille Lou. Elle est elle. Que ça nous plaise ou non. Cette indépendance d'esprit et de ton fait qu'on écoute chacun de ses disques avec l'assurance qu'elle chante ce qu'elle pense, qu'elle joue ce qu'elle veut. Notre plaisir vient après le sien. Un gage d'authenticité et d'honnêteté qu'on ne trouve pas si fréquemment que ça dans la grande famille des artistes, spécialement à l'heure où les compils s'empilent. 
Le dernier disque de Valérie Lou n'a rien à voir avec Noël mais c'est un cadeau quand même. Motus n'est pas une révolution, il ne marque pas un changement de cap. Il est une humeur que l'artiste a plutôt légère en ce moment. Pour mieux sauter vers quelque chose de plus sombre, de plus triste, quelque chose comme des ballades, prévient-elle déjà. (...)
La bonne humeur n'empêche pas la lucidité. Valérie Lou a comme toujours sa façon mi-tendre mi-ironique de voir tourner le monde. Elle farfouille dans ses états d'âme comme une brocanteuse (elle le sera d'ailleurs bientôt) dans un carton de vaisselle. A ceux qui ne la trouveraient pas assez sexy, elle répond par un Entrez sans frapper qu'elle avoue avoir écrit d'un coup et sur un coup de gueule, mais elle ne se souvient plus vraiment pourquoi. Comme pour mieux nous narguer, c'est le titre qui lui sert de promotion sur les ondes.
Avec Motus, la chanteuse affirme son indépendance et clame une nouvelle fois: «Je ne veux pas spécialement vivre de ma passion. Je me paie le luxe de raconter des histoires et je tiens à ce que ça reste une chose inutile et superflue.» Une manière de conserver tout son «pep»!


Valérie Lou travaille en douce la couleur des mots et des notes. Sans l'appui d'un mécène providentiel et les 15 000 francs du Prix Jeunes Créateurs de la Fondation vaudoise pour la création artistique, Motus, le nouvel album de Valérie Lou, n'aurait sans doute pas vu le jour. «Ce métier est aussi fait d'heureuses surprises», avoue la chanteuse vaudoise qui a profité de l'aubaine pour mettre en disques les plus urgentes des quelque 150 chansons qui constituent sa réserve de compositions personnelles. Treize titres qui sont autant d'instants glanés aux quatre coins de son univers, de tranches de vie passées sous le regard poétique et sans fard de Valérie Lou. (...)
«Voleuse d'instants» comme elle aime à définir son propre métier, elle se promet bien de le devenir de plus en plus: «Je travaille à la Poste et je vais bientôt ouvrir une brocante. Ça forme un patchwork social magnifique dans lequel il ne me reste plus qu'à me servir. Je prends tout chez les autres. Tout, sauf la bêtise. Plus je grandis, plus elle me semble insupportable. Je préfère encore la méchanceté.»
Comme toujours dans ses chansons, que l'on voit fleurir tous les deux ans depuis ses débuts en 1990, Valérie Lou joue de la couleur des mots et des notes, le texte suscitant le phrasé. Le jazz reste l'un des fondamentaux de son économie musicale mais elle décline ses avatars - ceux qui ont l'accent latin de préférence - avec brio. «Je cherche la respiration. Je ne suis pas une mélodiste foudroyante mais je travaille à ça. Je sens bien que j'arrive au bout de mes propres ressources et j'aimerais composer des airs qui, comme dit Nougaro, seraient sifflés par le maçon en train de refaire son mur. J'adorerais travailler avec un de ces génies de la composition que sont Richard Galliano, Michel Fugain ou alors - plus réaliste pour moi - avec Luc Fivian, un Parisien qui a signé quelques chansons de mon album précédent. Mon guitariste préféré, Jean-Pierre Pasquier, est aussi un beau compositeur mais il est trop jazz pour moi, Je dois passer ses airs à travers mon crible.» (...)

Christian
Jacot-Descombes,
Le Temps (Genève),
27 novembre 1998

Patricia Gnasso,
Le Matin (Lausanne),
novembre 1998

Valérie Lou: «C'est la vie qui m'inspire». La chanteuse vaudoise à la voix jazzy fait swinguer les rimes et sort Motus,son nouvel album. Mais qu'on se rassure, elle n'a pas la bouche cousue.
Cette auteur-compositeur-interprète joue sur plusieurs tableaux puisqu'elle est aussi postière à ses heures et «pompière» en son village de Gollion (VD), où elle possède, avec l'une de ses trois sœurs, une ancienne maison de garde-barrière. C'est une nature, Valérie Lou, qui n'a pas mis ses intonations vaudoises au rebut, une «sauvage» qui s'est plutôt bien apprivoisée, une fille de la campagne - «je le revendique; je n'aime pas la ville» - viscéralement attachée à l'esprit de famille - à l'italienne -, mélomane de surcroît. Il faut dire qu'elle a eu un grand-père napolitain: «Nous formons un clan, ma mère est une vraie mamma, et voilà trente-quatre ans que cela m'épate.»(...)
- Vous avez plein d'activités. Quand trouvez-vous le temps d'écrire, de composer?
- J'écris tout le temps, je ne peux pas m'en empêcher. D'ailleurs, dans mes tiroirs, j'ai une centaine de chansons toutes prêtes. Mais ce n'est pas sous les sabots d'un cheval que l'on trouve l'argent pour sortir un CD. J'ai plus de chances de devenir riche au loto qu'avec ce métier.
- Qu'est-ce qui vous vient d'abord, les mots ou la mélodie?
- Les mots. Enfin... oui et non. Quand je trie le courrier à la poste, je siffle des mélodies. Mon premier réflexe, c'est de me demander si cette mélodie existe déjà. C'est mon flip, ça. J'ai l'impression que l'air que je suis en train de fredonner existe depuis des siècles. Je trouve que la langue est plus riche que la gamme. Et puis, je ne suis pas une technicienne de la musique: elle sert plutôt de support à mes petites histoires. Quant à l'inspiration, c'est ce qui me saute aux yeux. Je vole tout dans la vie, je suis kleptomane des autres. (...)
Une chose encore. Cette lettrée qui aime faire chanter les mots songe au roman, à la nouvelle. «Ça va venir, dit-elle. Pour l'instant, j'ai encore de la voix.»


Douce caresse des mots et des notes. Les mots, elle sait les caresser comme les chats. D'un seul feulement de sa voix chaude et cuivrée, elle excelle à vous les faire couler dans l'oreille, sertis dans la gangue de ses mélodies parfois piquantes et rebelles, toujours veloutées et gouleyantes. (...)
Femme de lettres à plus d'un titre, elle pratique avec bonheur cet art souvent galvaudé qu'est l'écriture de chansons, pillant les registres et les transformant avec un naturel déconcertant. Naviguant entre ballades bleu-nuit et blues gris-perle, Valérie Lou nous livre galette après galette des textes gorgés d'humour et de mots justes qu'elle s'amuse à croquer, avec son air de gamine effrontée «à qui on ne la fait pas». (...)
Mise en orbite en 1990 par la Truffe de platine, en dix ans de bourlinguage sur les scènes de Suisse romande, de Belgique, du Canada et d'ailleurs, la chanteuse a livré à son public, de Grain de folie à Motus,cinq albums où la poésie et l'humour le disputent à une tendresse mâtinée de malice. A la sortie de son précédent opus en 1998, Valérie Lou disait encore attendre avent de songer à l'avenir: «Je me suis fixé l'an 2000 comme Migros-Data. Je ferai le point à ce moment-là.» Qu'en est-il, deux ans et quatorze chansons plus tard? «J'ai décidé de me faire plaisir. J'ai rodé "Gueule de Lou" version studio en octobre au Canada. Mais je ressentais le besoin d'ajouter encore cette ambiance chaleureuse que me procure le public, qui donne finalement tout leur relief à mes textes. Me faire plaisir, ça veut dire aussi investir plus encore dans mes chansons elles-mêmes, quitte à me contenter d'un "service minimum" pour ce qui est du marketing - je n'ai même pas encore de site Internet!» (...)           Lacune désormais comblée...

Antoine Saucy,
La Poste (Berne),
janvier 2001


Olivier Horner,
Le Temps (Genève),
supplément «Sortir»,
20 juin 2002

Fête de la Musique: Valérie Lou en concert à Genève. Depuis près de 11 ans, elle livre tous les deux ans des poignées de chansons qui s'amusent avec les mots et les rimes. Des petites scènes de vie conjuguées avec de chaudes ambiances de jazz, des chansonnettes souvent drôles et ironiques. Auteur, compositeur et interprète, Valérie Lou est une fantasque qui aime autant se moquer de nos défauts que des siens. Chanteuse authentique mais rarement polémique, ses coups de gueule sont rafraîchissants et son humour se révèle vivifiant. Lou fait partie de ces rêveuses qui ont trouvé dans la chanson une manière récurrente de s'évader. ça tombe bien, elle largue ce soir ses amarres poétiques sur un bateau.
Bateau «Genève», quai Gustave-Ador 1. Samedi 22 juin à 23 h.

 

 

                                                Cette page a été mise à jour le 13/11/06.

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